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Bateaux de wakeboard et de ski électriques : où en est-on vraiment ?

Onze bateaux électriques de wakeboard et de ski, et ce que chaque constructeur publie réellement — batterie, puissance, vitesse, prix. Aucun modèle sous 8,53 m n'annonce d'autonomie.

Le catalogue recense onze bateaux électriques construits ou vendus pour tracter des skieurs : huit d'entre eux mesurent moins de 8,53 m et figurent sur ce site, les trois autres, plus grands, se trouvent sur le site jumeau dédié aux bateaux de 8,53 m et plus. Le fait le plus révélateur concernant ces huit modèles tient à une absence : aucun ne publie de chiffre d'autonomie, et seuls trois annoncent une capacité de batterie.

Ce silence résume à lui seul la catégorie. Le remorquage impose une charge élevée et continue, et c'est précisément le segment du catalogue où le moins de chiffres sont rendus publics.

Pourquoi le remorquage met une batterie à rude épreuve

Un chiffre d'autonomie flatte surtout quand il provient d'un usage léger et intermittent. Un bateau qui sort tranquillement du port, navigue l'après-midi à vitesse de déplacement puis rentre au crépuscule ne sollicite, la plupart du temps, qu'une fraction infime de la puissance que son moteur peut délivrer. La capacité de la batterie divisée par cette consommation moyenne modeste donne un nombre d'heures généreux, et honnêtement calculé.

Le bateau de wake ou de ski fait exactement l'inverse. Tracter un skieur, c'est maintenir une coque en glisse à une vitesse fixe contre la traînée d'une personne dans l'eau, puis recommencer dès que le suivant se met debout. La charge est forte, continue, répétitive. Il n'y a aucune phase de dérive pour faire baisser la consommation moyenne. La même batterie qui autorise une après-midi de balade tranquille ne soutient qu'une session de remorquage nettement plus courte, et aucune efficacité de motorisation ne changera la forme de cette courbe.

C'est dans ce contexte qu'il faut lire les chiffres de capacité de batterie présentés ici, parmi les plus élevés du catalogue. Ce que cette section ne contient en revanche pas, c'est le moindre chiffre d'autonomie.

Les huit bateaux de wakeboard et de ski électriques recensés ici

Les huit modèles se répartissent dans une fourchette étroite, de 6,7 m à 7,9 m, et viennent de trois pays : les États-Unis, l'Autriche et le Danemark.

Modèle Batterie Puissance moteur Vitesse maximale
Nautique Super Air Nautique GS22E 124 kWh 220 kW 37,5 nœuds
Marian Laguna 760 non publiée 125 kW 28,6 nœuds
Rand Mana 23 non publiée non publiée 12 nœuds
ARC Arc Sport 225,5 kWh 410 kW 35 nœuds
ARC Arc One 220 kWh 373 kW non publiée
Marian M 800 Spyder non publiée non publiée non publiée
Marian M 800-R non publiée non publiée non publiée
Marian M 800 non publiée non publiée non publiée

Un prix est annoncé pour quatre des huit modèles : le GS22E à partir de 288 000 EUR, l'Arc One à partir de 280 000 EUR, l'Arc Sport à partir de 240 000 EUR et le M 800 Spyder à partir de 194 000 EUR. Le Laguna 760, le Mana 23, le M 800-R et le M 800 n'affichent aucun prix de départ dans ce catalogue.

La largeur (bau) n'est publiée que pour un seul des huit — le M 800 Spyder, à 2,5 m. La capacité passagers, elle, n'est indiquée que pour trois modèles : l'Arc One avec 12 places, le M 800 Spyder avec 10 et le M 800 avec 8.

Ce que les constructeurs ne publient pas

Il vaut mieux poser ces manques clairement, car dans cette catégorie ils constituent le résultat de notre enquête bien plus qu'un oubli de notre part.

  • Autonomie : aucun des huit. Aucun constructeur présent sur ce site n'annonce d'autonomie pour un bateau de wake ou de ski. Trois modèles plus grands, sur le site jumeau, en publient une, nous y revenons plus bas.
  • Capacité de batterie : trois sur huit. 124 kWh pour le GS22E, 225,5 kWh pour l'Arc Sport, 220 kWh pour l'Arc One. Les quatre modèles Marian et le Rand Mana 23 n'en publient aucune.
  • Puissance moteur : quatre sur huit. 410 kW pour l'Arc Sport, 373 kW pour l'Arc One, 220 kW pour le GS22E, 125 kW pour le Laguna 760.
  • Vitesse maximale : quatre sur huit, dont l'un — le Mana 23, à 12 nœuds — se situe très en retrait des autres.

Là où un chiffre manque, c'est que le constructeur ne le communique pas. Nous n'en avons estimé aucun, et nous ne le ferons pas : une autonomie inventée pour un bateau de remorquage serait le chiffre le plus trompeur de tout le site.

Même publiée, une autonomie ne trancherait pas la question

Supposons que les huit modèles publient demain leur autonomie. Cela ne répondrait toujours pas à la vraie question de l'acheteur, car un chiffre d'autonomie marine est toujours donné à une vitesse de croisière fixée, bateau à vide, sans personne à tracter derrière. Il décrit un trajet de convoyage, pas une séance de ski nautique.

C'est la distinction à retenir de cette page : l'autonomie à vitesse donnée et l'endurance en tractage sont deux grandeurs différentes, et la première n'est pas une version prudente de la seconde. Un bateau capable de couvrir une longue distance à vitesse de croisière stable peut très bien ne soutenir qu'une brève matinée de tractage de skieurs, et le chiffre publié ne permet aucune conversion fiable de l'un vers l'autre. Il en va de même pour la vitesse maximale, presque hors de propos pour un bateau de wake — personne ne tracte à la vitesse de pointe d'une coque.

Le jour où un constructeur publiera des heures de remorquage, ou des tours de bassin parcourus, ce sera le chiffre à lire. Aucun, dans ce catalogue, ne le fait aujourd'hui.

Les constructeurs

Nautique

Le Super Air Nautique GS22E est le modèle électrique d'une marque de towsports déjà établie, avec 6,7 m de longueur, 124 kWh, 220 kW et une vitesse de pointe de 37,5 nœuds, à partir de 288 000 EUR. C'est le prix de départ le plus élevé des huit modèles. Le reste du catalogue Nautique demeure thermique, et ce site ne référence que les modèles électriques : le reste de la gamme n'apparaît donc pas ici.

ARC Boats

Deux bateaux, qui concentrent à eux seuls les plus grosses batteries et la plus forte puissance des huit modèles listés ici. L'Arc Sport mesure 7,01 m, avec 225,5 kWh, 410 kW et 35 nœuds, à partir de 240 000 EUR. L'Arc One mesure 7,3 m, avec 220 kWh, 373 kW et 12 passagers, à partir de 280 000 EUR ; sa vitesse maximale n'est pas publiée.

L'Arc Sport embarque près du double de la batterie du GS22E, et près du double de sa puissance moteur. Est-ce que cela se traduit par une séance plus longue sur l'eau ? C'est exactement ce qu'aucun des deux constructeurs ne précise — et c'est tout l'objet de la section précédente.

Marian Boats

Quatre des huit modèles ici présentés sont signés Marian : le Laguna 760, à 7 m, et les M 800 Spyder, M 800-R et M 800, tous à 7,9 m. Seul le Laguna 760 publie puissance et vitesse — 125 kW et 28,6 nœuds. Aucun des quatre ne communique de capacité de batterie, et seul le M 800 Spyder affiche un prix, à partir de 194 000 EUR, et une largeur, 2,5 m.

Quatre modèles issus d'un seul constructeur autrichien : c'est la présence la plus forte de la catégorie, et aussi la couverture technique la plus mince. Un point à garder en tête avant de les comparer aux modèles américains, où les chiffres, eux, sont disponibles pour la comparaison.

Rand Boats

Le Mana 23 affiche 7 m et une vitesse maximale publiée de 12 nœuds — et rien d'autre : ni batterie, ni puissance moteur, ni prix. Ces 12 nœuds annoncés restent très en dessous des 37,5 nœuds du GS22E, et le catalogue ne fournit pas de quoi en dire davantage. Rand, comme Nautique, construit aussi des bateaux thermiques ; seuls ses modèles électriques figurent ici.

Les trois modèles du site jumeau

Trois modèles capables de tracter des skieurs dépassent 8,53 m et relèvent donc du site jumeau consacré aux bateaux plus grands. Ils peuvent être cités ici, sans lien direct, et ce sont les seuls de cette catégorie à publier une autonomie.

  • Crooze Yachts EZ 28 (Bulgarie), 8,67 m, bau 2,59 m, 130 kWh, 207 kW, 30 nœuds, 120 nm, 12 passagers, à partir de 269 000 EUR.
  • Vision Marine Technologies V30 (Canada), 9,14 m, bau 2,62 m, 43 kWh, 134 kW, 40 nm, 15 passagers, à partir de 129 000 EUR.
  • Enata Marine Foiler (Émirats arabes unis), 9,75 m, 448 kW, 40 nœuds, 113 nm, 8 passagers, à partir de 990 000 EUR.

Le V30 fournit la comparaison la plus parlante : 43 kWh, contre 225,5 kWh pour l'Arc Sport — et pourtant il publie 40 nm d'autonomie là où l'Arc Sport n'en publie aucune. Il n'y a pas là de contradiction entre les bateaux, seulement une différence dans ce que chaque constructeur choisit de déclarer, et c'est précisément pour cette raison qu'un chiffre doit toujours être lu avec, à côté, son auteur et ses conditions d'obtention.

Pour aller plus loin

Les huit modèles présentés ci-dessus figurent tous dans le catalogue avec leurs spécifications complètes et leurs sources. Commencez par les bateaux sport si le remorquage n'est qu'un usage parmi d'autres pour vous, ou par le catalogue complet si la longueur ou le prix sont vos contraintes principales. La page des constructeurs recense qui fabrique quoi, et les autres guides couvrent des catégories où les chiffres sont bien plus complets que dans celle-ci.

Si vous possédez l'un de ces bateaux et que vous savez ce que coûte réellement une séance en kilowattheures, c'est précisément le chiffre qui manque à cette page — et aucun constructeur ne le publie à ce jour.

Bateaux de wakeboard et de ski électriques : où en est-on vraiment ? — Bateaux Electriques